Ce témoignage
est mon ressenti personnel par rapport à la Myofasciite à Macrophages. Il
ne veut ni affoler, ni perturber, mais simplement faire prendre conscience.
L'ensemble des symptômes se retrouvent généralement chez tous les malades
: (principalement de très fortes douleurs musculaires et articulaires, et
une importante asthénie provocant des problèmes de mémoire, de cognition,
de vue, d'audition, ) mais le degré d' atteinte est différent pour chacun.
La Myofasciite à Macrophages est provoquée par l'hydroxyde d'aluminium qui
est l'adjuvant de certains vaccins. Principalement le vaccin contre l' Hépatite
B mais également certains vaccins contre le tétanos.
Actuellement, 160 cas sont recensés en France (les derniers chiffres ne sont
pas connus, mais le chiffre de 200 devrait être atteint prochainement), il
y en avait 20 en 1997. Je suis persuadée qu'un certain nombre de personnes
diagnostiquées Fibromyalgies sont en fait des Myofasciites à Macrophages.
Cette maladie touche les personnes adultes, mais quelques cas sont recensés
chez des jeunes de moins de 20 ans.
Un certain nombre de cas ont également été diagnostiqués à l'étranger (Belgique,
Espagne, Italie.......). Mais là-bas le diagnostic y est plus difficile, car
la biopsie musculaire (seul moyen connue pour diagnostiquer la Myofasciite
à Macrophages) est généralement pratiquée dans un muscle de la cuisse, alors
qu' en France, la biopsie est pratiquée au point d'injection du vaccin (muscle
deltoïde du bras).
Je me suis fait vacciner début 1996, car il y avait à cette époque une très
forte campagne (TV, journaux, affiches, dépliants............) incitant la
population française à se faire vacciner contre l'Hépatite B. La vaccination
dans les écoles y était obligatoire jusqu'en 94, après elle est devenue systématique
(mon fils a été vacciné en 95). J' avais lu que l'on pouvait attraper l'Hépatite
B par la salive, or, ma mère avait une Hépatite B (elle est toujours là et
en bonne santé). Devant ce risque de contamination, je me suis donc fait vacciner.
Très rapidement, je me suis sentie fatiguée (j'ai mis cela sur le compte du
travail, du stress et de deux opérations que j'ai dû subir) plus le temps
passait, plus j'avais de difficultés à me remonter. Le soir lorsque je rentrais
du travail, il fallait que je dorme 1 heure, les week-end je dormais presque
tous les après-midi.
De temps en temps, j'avais de brusques accès de fièvre, les douleurs musculaires
et articulaires se sont progressivement installées. Par contre, j'avais constaté
que chaque fois que je m'étais mis au repos j'avais un regain d'énergie (je
disais à mon mari, je fonctionne comme une pile rechargeable). Mon mari me
disait "fais un effort, secoue toi.....". J'étais épuisée, tout
effort physique et intellectuel était une épreuve insurmontable. Mon travail
s'en ressentait, (j'étais comptable) je ne me reconnaissait plus, moi
qui était si igoureuse, si performante, qu'était devenue la Patricia
qui "travaillait vite et bien", la "tornade" petit surnom
amical !
Mon médecin de famille y perdait son latin,. Début 2000 il pensait que j'étais
atteinte d'une Myasthénie. A cette époque, j'ai rencontré l'antenne départementale
de l'A.F.M. (Association Française des Myopathes). Ils m'ont écouté pendant
un après-midi entier (mon mari assistait à l'entretien) et devant mon épuisement
et ma détresse, ils se sont chargés de prendre rendez-vous auprès du service
de Neurologie de l'hôpital .de ma région. Après hospitalisation (3 jours)
et divers examens dont une biopsie musculaire, le couperet est tombé début
septembre 2000: C'est une MYOFASCIITE A MACROPHAGES. Enfin on mettait un nom
sur ce que j'avais !
Ce n'était plus dans ma tête, c'était bien réel. J'avais une Myofasciite à
Macrophages, Myopathie Inflammatoire Acquise.
Sur Internet, je recherche tout ce que je peux trouver sur cette maladie(
et je trouve le site Internet d'un autre malade Didier) grâce à lui et très
rapidement, je décidé de consulter à Paris, le Professeur CHERIN (Président
du GERMMAD, groupe de recherche qui a découvert cette maladie en 1993). Rendez-vous
est pris pour mi-novembre, entre temps mon état c'est encore dégradé.
J''ai de grosses difficultés pour marcher, (très rapidement mes muscles s'épuisent
et ma jambe droite traîne), mastiquer les aliments peut s'avérer parfois difficile,.
J'ai d'horribles douleurs aux articulations (j'ai l'impression d'avoir les
articulations prisent dans un étau), j'ai des problèmes d'audition, de cognition,
de mémoire. Je ne conduis plus car par moments, je ne me souvient plus que
je suis au volant, et je ne sais plus où je vais. Je ne fais plus mes courses
car je ne comprend pas toujours ce que j'achète.
Mes examens se poursuivent à la Salpétrière. J'y vais souvent (5 fois depuis
le mois de janvier 2001). Il n'y a pas de traitements pour soigner cette maladie,
seulement pour me soulager.
Je suis en arrêt de travail depuis mai 2000. En juin 2001, je suis placée
en longue maladie. Je suis prise en charge à 100 % par la sécurité sociale
depuis décembre 2000. Reconnue invalide à 80 % par la COTOREP depuis juin
2001, j'ai le macaron GIC.
ET MAINTENANT ? J'ai été obligée défaire
le deuil de celle que j'étais. Cela n'a pas été facile, il m'a fallu beaucoup
de temps et de nombreuses larmes.
Je vivais à 100 à l'heure, je marchais beaucoup dans les bois (j'adore chercher
des champignons) je débordais d'activités, j'aimais mon travail, j'aimais
(comme beaucoup de femmes.......) faire les magasins, etc.........
Pour tout cela il m'a fallu m'adapter car je pas renoncé à tout. Les champignons
c'est 1 h 00 de temps en temps et deux jours de souffrance et de repos, je
ne peux plus y aller toute seule, les magasins c'est très rare, et jamais
seule.. Je prépare mes sorties, je me repose avant (je recharge les piles)
et je sais que c'est pour une durée très limitée. J'ai fait le deuil
de mon autonomie et de mon indépendance. C'est dur et long, mais à force de
volonté, c 'est possible.
Le repos, le soutien moral et la présence constante de mon mari qui a pris
en charge tout le fonctionnement de la maison au quotidien, m' ont permis
d'apprivoiser la maladie. Je me suis adaptée à cette nouvelle vie sans regarder
derrière, mais en gardant l'ESPOIR, qu' un jour peut-être il me sera possible
de vivre comme avant.
Malgré tout il est difficile de vivre la maladie au quotidien. C'est une maladie
inconstante qui ne se voit pas beaucoup de l'extérieur sauf lorsque je vais
au-delà de ce qu' Elle me permet de faire.
Souvent les amis et l'entourage qui me voient que lorsque cela va, me disent
"allez fait un effort, ressaisis toi" et c'est là que le bât blesse.
Je ne peux faire l'effort car je n'en ai pas la force. Il est dur d'imaginer
ce qu'est cette perte d'énergie. Alors il faut beaucoup de temps, de patience
et de tolérance pour expliquer la "Myo" comme je l'appelle familièrement.
Je n'oublie pas que mon entourage proche subit aussi cette maladie.
POURQUOI CE TEMOIGNAGE ? Je ne suis pas "anti-vaccin"
(je souhaite seulement que l'hydroxyde d'aluminium soit remplacé par un adjuvant
moins nocif), ils sont importants, mais leur administration devrait peut-être
tenir compte que chaque individu est unique. (Ce qui est bon pour toi ne l'est
peut-être pas pour moi).
La plus part des malades rencontrent des difficultés pour se faire reconnaître
par le corps médical et les administrations. Quelque part c'est logique, vu
le peu d'informations qui leur sont données. (C'est un peu dommage à l'ère
d'internet !).
Je souhaite par ce témoignage aider à mieux nous faire connaître et reconnaître.
Eviter aux personnes atteintes de Myofasciite à Macrophages, le "parcours
du combattant" pour enfin être diagnostiqués. (La moyenne pour un diagnostic
est de plus de 36 mois).
EN RESUME.
Mes espoirs :
- Obtenir une modification du vaccin et de son administration.
- Que le corps médical et les administrations concernées soient enfin rapidement
informés !
- Eviter aux malades atteints de cette maladie un parcours difficile et épuisant
pour être reconnus.
patricia
patouvite@aol.com